Fabie Reading : Passion Lectrice

24 novembre 2022

Meg Waite Clayton "Dernier train pour Londres"

Inspiré de faits réels, ce sublime roman raconte l'histoire bouleversante d'une femme déterminée qui a sauvé de nombreux enfants tout en mettant sa propre vie en danger.

***

Présentation du livre : "En 1936, à Vienne, les nazis ne sont encore que de vagues brutes pour Stephan Neumann, adolescent issu d'une famille juive, et sa meilleure amie Zofie-Helene. Mais l'insouciance de la jeunesse laisse place à l'inquiétude quand arrivent les troupes d'Hitler.

Alors que l'avenir semble de plus en plus sombre, une Néerlandaise, Truus Wijsmuller, s'investit dans la mission des Kindertransport : évacuer les enfants hors des pays occupés par les nazis et leur trouver de nouveaux foyers.

L'étau se resserre, mais tante Truus, comme l'appellent les enfants, n'écoute que son courage et continue sa périlleuse mission, allant jusqu'à négocier avec Eichmann en personne le départ de centaines d'enfants."

Nombre de pages : 544 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Oscar Perrin.

***

Fabie Reading : L'arrivée d'Hitler au pouvoir, son programme d'extermination des juifs ont conduits des femmes et des hommes, au péril de leur vie, à sauver des enfants, parfois des familles, en bravant tous les dangers.

Parmi eux, la Néerlandaise, Truus Wijsmuller, participe à la mission Kindertransport qui consiste à envoyer les enfants dans les pays que n'occupent pas les nazis, et leur trouver un nouveau foyer. Quelle femme courageuse !

Le roman documenté, décrit chaque mission avec précision, avec ces dangers, ces arrestations qui peuvent survenir à tout moment. L'écriture profonde de Meg Waite Clayton nous met en tension comme si nous étions aux côtés de Truus et des enfants lors des longs voyages en train, ponctués de contrôles fréquents des nazis qui peuvent tourner au drame. Tante Truus arrive à déjouer les doutes des contrôleurs avec habiliter et courage. Elle ne renonce pas !

Les personnages (les enfants, les adultes) bouleversent car ils se trouvent confrontés à des persécutions qui conduisent à la mort. Il y a le courage de ces mères qui confient leurs enfants à une personne étrangère, avec un infime espoir de les revoir. Nous percevons par l'écriture de l'auteure les émotions de chacun. Les chapitres courts, accentuent la tension palpable de ce roman.

A travers l'histoire de cette femme, c'est un hommage sincère pour celles et ceux qui ont mis leur vie en danger, ainsi que celle de leurs proches, pour sauver des milliers d'enfants d'un dictateur fou, meurtrier, qui n'a pas eu le courage d'assumer ses actes.

Un roman captivant, déchirant et inspirant, à lire !

Meg Waite Clayton, Dernier train pour Londres. Editions Les Escales, 2022. Merci à Anne du service presse pour l'envoi de ce livre.

DERNIER TRAIN

Posté par fabiereadind à 13:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


21 novembre 2022

FABIE READING fête son premier anniversaire !

Un an déjà ! Je n'ai pas vu le temps passer sur cette première année de partage de lectures.

Après plusieurs tentatives qui ne me donnaient pas satisfaction, la création de ce blog, réfléchie, pendant des semaines, ce maintien encore aujourd'hui.

Chaque semaine, les visites sont nombreuses, certains visiteurs y reviennent et cela me fait plaisir même si je regrette le manque d'intéraction -mes questions, en fin de message restent sans réponses - comme le préconisent les experts du web il faut laisser le temps au temps.

Je n'ai pas affiché le compteur de visites car je publie sur ce blog par passion pour la lecture et pas pour battre des records de chiffres. Certains éditeurs en recherche de partenariat pour des livres ou des prix littéraires, veulent vous trouver sur un maximum de réseaux sociaux, avec un nombre important de followers...mais je ne suis pas là pour parader sur internet, je mets les livres et les auteurs en lumière, moi je me contente de partager mes lectures, mes articles sur ce blog, parfois sur mon profil Facebook, et beaucoup sur les pages ou les groupes dédiés à ces échanges.

L'absence de club de lecture/book club autour de chez moi, m'a donné envie de créer ce blog, de le faire évoluer au fil des mois. Je suis davantage à l'aise pour écrire une chronique (même si je dois encore m'améliorer).

Depuis un an, je publie deux chroniques, en moyenne, par semaine et un entretien par trimestre. Je vais, à l'avenir, réaliser plus de reportages (festival littéraire, maison d'écrivains et autres évènements autour du livre) et composer davantage d'articles en fonction de l'actualité ou de sujets que j'aurais à coeur de partager avec vous.

Si je devais définir en un mot le blog Fabie Reading, je dirais : PARTAGE !

Je voulais vous remercier pour vos visites en provenance de France, des Etats-Unis et des pays européens, en espérant qu'il y aura plus de dialogue entre nous. 

Abonnez-vous à ma newsletter pour ne manquer aucune publication...

Avec toute ma sympathie livresque. Fabienne

ANNIVERSAIRE

Posté par fabiereadind à 13:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 novembre 2022

Marcel Proust "Vacances de Pâques et autres chroniques

Avant de publier le premier tome d'A la recherche du temps perdu, Marcel Proust a collaboré avec la presse pour écrire des chroniques. Ce petit recueil proposé par les éditions Folio en propose six, extraites du recueil, Chroniques (L'Imaginaire n°673, Editions Gallimard).

4ème de couverture : "J'avais eu le soupçon l'an passé que le jour de Pâques n'était pas différent des autres, qu'il ne savait pas qu'on l'appelât Pâques, et dans le vent qui soufflait, j'avais cru reconnaître une douceur que j'avais déjà sentie, la matière immuable, l'humidité familière, l'ignorante fluidité des anciens jours. Mais je pouvais empêcher les souvenirs des projets que j'avais faits l'autre année de donner à la semaine de Pâques quelque chose de florentin, à Florence quelque chose de pascal".

91 pages - Chroniques

***

"Les romanciers sont des sots, qui comptent par jours et par années.

Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme.

Il y a des jours montueux et malaisés qu'on met un temps infini à gravir et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train, en chantant..." (Extrait de Vacances de Pâques, page 39)

***

Fabie Reading : La première chronique s'intitule, Au seuil du printemps, Marcel Proust s'émerveille de la beauté des aubépines. Publiée le 21 mars 1912 dans Le Figaro, ce texte respire le parfum des fleurs et se veut empreint de poésie. L'écriture de l'écrivain est un enchantement.

Puis, le Rayon de soleil sur le balcon, nous évoque l'apparition de l'ensoleillement sur le balcon avec les différentes luminosité. Ce rendez-vous avec un élément naturel de nos vies auquel nous ne prêtons pas attention (Le Figaro - Juin 1912).

Ensuite, la chronique Vacances de Pâques ou le jeune homme prépare un voyage en famille à Florence. Il imagine la ville, s'amuse de la sonorité des noms et des mots, il y met beaucoup d'enthousiasme...cela ressemble à une déclaration pour la ville italienne. (Le Figaro - 25 mars 1913).

***

"...Notre attention est à tous les moments de notre vie beaucoup plus fixée

sur ce que nous désirons que sur ce que nous voyons effectivement..." (Vacances de Pâques, page 45)

***

L'église du village, publié dans Le Figaro le 3 septembre 1912, où l'édifice religieux est le point d'ancrage de toute ville, de tout village. Les phrases de Marcel Proust sont longues, endurantes, comme si nous faisons une course dans les rues pour admirer l'église.

Le 15 juillet 1896, La Revue Blanche, publie Contre l'obscurité, une chronique dans laquelle l'écrivain donne son avis sur la poésie et la prose contemporaines. Ses remarques sont pertinentes pour l'époque.

Dans le dernier texte, Pèlerinages ruskiniens en France, publié le 13 février 1900 dans Le Figaro, où il fait référence à Ruskin, critique d'art britannique, qui a lancé la réflexion sur l'art.

***

Six chroniques somptueuses, où les phrases choisies et travaillées par Marcel Proust, nous permettent de lire et contempler ce génie de l'écriture qui savait manier les mots pour donner aux lecteurs, aux lectrices, des textes délicats et beaux à la fois.

Plus je découvre les écrits de Marcel Proust, plus je suis en admiration pour l'écrivain qui s'adonnait à l'écriture sans relâche. Je comprends son isolement, son entêtement à trouver la phrase juste, ce besoin de se retrouver, seul, avec son inspiration.

Marcel Proust, Vacances de Pâques et autres chroniques. Editions Folio, 2019.

 

marcel 2

Posté par fabiereadind à 10:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Lettre à Marcel Proust

Cher monsieur Proust,

Le monde de l'édition fête, aujourd'hui, le centième anniversaire de votre disparition. Fêter la date d'un décès, c'est bizarre d'être en joie (car une fête se veut joyeuse) pour se rappeler la mort d'une personne. Se souvenir, lui rendre hommage me semble plus approprié...

Bref, cher monsieur Proust, je connais l'histoire de votre vie bien plus que votre oeuvre littéraire. Tantôt les critiques et autres professionnels du livre célèbrent la qualité de vos livres, tantôt ils se moquent, s'étonnent quand des lectrices et des lecteurs se lancent dans A la recherche du temps perdu.

MARCEL PROUST

Je vous l'avoue cher monsieur Proust, je commence seulement à vous lire, à petites doses. J'ai lu Journées de lecture*, je viens de terminer Vacances de Pâques et autres chroniques*, des livres m'attendent...

J'apprécie la qualité de vos écrits, la précision que vous apportez à vos textes, c'est pour cela que lorsque je me consacrerai à la lecture des 7 tomes de A la recherche du temps perdu, je veux être disponible entièrement pour cette oeuvre littéraire.

Ma prochaine lettre ne viendra pas en novembre car vous êtes, à travers votre oeuvre considérable, toujours vivant dans la littérature française et mondiale. Vous êtes cités en référence par des auteurs que j'admire (comme Virginia Woolf et Joyce Carol Oates) et d'autres que je n'ai pas lu. Je reviendrais vers vous quand je partirai A la recherche du temps perdu.

Admirativement votre, Fabienne

*Editions Folio.

Mon prochain achat de livre sur Marcel Proust, publié chez Classiques Garnier :

PROUST DE LECOLIER A LECRIVAIN

 

Question pour vous : Que représente Marcel Proust pour vous ?

17 novembre 2022

John Wainwright "Les Trois Meurtres de William Drever"

L'intérêt que j'ai porté à la présentation de ce roman sur le site des éditions Sonatine, s'est transformé en une lecture coup de coeur. Je ne connaissais pas John Wainwright, apprécié par l'auteur français Georges Simenon, et en refermant ce livre, je sais que j'ai eu affaire à un écrivain talentueux.

***

4eme de couverture : William Drever, un comptable sans histoires, vient d'être condamné pour le meutre de trois femmes. Après plus de vingt ans de mariage, son épouse Carol est sous le choc. William est coupable, cela ne fait pas de doute pour personne. Il s'est défendu sans conviction, il n'a pas fait appel. Pour sa famille, désormais, c'est comme s'il avait cessé d'exister. L'homme qu'ils ont connu n'est plus. Alors que Carol essaie tant bien que mal de reprendre une vie normale, une certaine Ruth Linley cherche à la contacter. Avec une nouvelle stupéfiante à propos de William. Qui va conduire les siens à reprendre l'enquête pas à pas, à la recherche des pièces manquantes.

240 Pages - Traduit de l'anglais par Clément Baude.

***

"...Tuer le temps. Remplir chaque minute de soixante secondes de menus détails, en espérant que la concentration dressera un mur d'oubli. Or il n'en fut rien. La concentration ne formait qu'un tamis dont le maillage était trop lâche..." (Page 50)

***

Fabie Reading : William Drever, on parle beaucoup de cet homme dans ce roman, accusé de trois meurtres mais on ne le voit pas, on ne l'entend pas. L'auteur s'attache à sa famille, à son entourage qui reste sous le choc de ces crimes et de ses conséquences.

John Wainwright décrit parfaitement la psychologie de ses personnages. Carol, l'épouse effondrée qui voit son train de vie disparaître. Liz, la belle-soeur de William, qui tient le navire familial depuis la naissance des deux enfants du couple. C'est elle qui maintient le lien entre les membres de cette famille qui vit ensemble, mais donne l'impression de ne pas se connaître.

L'intrigue se déploie au fil des pages. L'histoire et la complexité des personnages apportent de la matière au roman, elles nous tiennent, nous captivent pour nous offrir un dénouement surprenant, que je n'aurais pas soupçonnée, mais en adéquation avec le talent d'écriture de John Wainright.

En découvrant l'auteur, je m'aperçois qu'il a écrit Garde à vue, mis en scène par Claude Miller et Michel Audiard en 1981. Un film avec des personnages complexes, où le doute et la recherche de vérité se combattent, une intrigue sombre et captivante du début à la fin.

Avec "Les Trois Meurtres de William Drever", j'ai passé un agréable moment de lecture, avec une histoire prenante et intéressante à la fois.

John Wainwright, Les Trois Meurtres de William Drever. Editions Sonatine, 2022. Merci à Olivia pour l'envoi de ce roman.

DSCN0730

Question pour vous : Avez-vous déjà lu un roman de John Wainwright ?

Cette lecture est partagée également sur Babélio et Lecteurs.com sous le pseudo "passion lectrice".

 

 

 

Posté par fabiereadind à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


16 novembre 2022

Lisa Sandlin "Les oiseaux des Marais"

Son premier roman, Les Samaritains du Bayou, publié l'année dernière aux éditions Belfond m'avait beaucoup plu, aussi, quand Les Oiseaux des Marais m'a été proposé, je n'ai pas hésité.

***

4ème de couverture : Delpha Wade est dans de sales draps. Quelques mois seulement après sa sortie de prison, la voici qui risque à nouveau de se retrouver derrière les barreaux. Son crime : avoir assassiné un serial killer. Froidement, méthodiquement. Sur son lieu de travail. Par chance, Delpha a un ange gardien : son patron, le fringant détective Tom Phelan, qui va remuer ciel et terre pour obtenir la libération de son étonnante secrétaire.

Un coup de peinture pour masquer les traces de sang, du mobilier de recup : Phelan et Delphan sont prêts à rouvir l'agence. Et le premier client à se présenter est Xavier Bell, un vieillard au regard fuyant qui les charge de retrouver son frère Rodney, perdu de vue depuis des décennies. Mais quel genre de dispute peut avoir poussé cet homme à couper tout contact avec sa famille et à changer d'identité ?

360 Pages - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claire- Marie Clévy.

***

Fabie Reading : C'est avec plaisir que je retrouve le détective Tom Phelan et sa secrétaire Delpha Wade, pour une nouvelle enquête mystérieuse pour un client qui l'est tout autant. Xavier Bell souhaite retrouver son frère, Rodney, dont il n'a pas de nouvelles depuis des années.

Cette affaire démontre les ravages psychologiques qui naissent à l'enfance et nous poursuivent toute notre vie quand les représailles, les blessures ne sont pas prises en considération, quand aucun adulte, quand aucun parent ne veut vous protéger. Vous restez avec vos peurs, vos craintes, vous vous protégez, vous et votre entourage, votre nouvelle vie. Rodney se cache et ne veut pas être retrouvé.

Tom Phelan donne plus de responsabilité à Delpha, il l'associe à cette enquête. Il est question de confiance entre ces deux personnages mais aussi de seconde chance.

Lisa Sandlin nous entraîne dans un roman palpitant, aux multiples rebondissements. Un roman noir de bonne facture où l'auteure poursuit son exploration du Vieux Sud des années 70 en saisissant des vies, des histoires de personnes inquétes, blessées, désireuses de connaître la vérité, tout cela dans un décor fascinant et sombre à la fois.

J'ai beaucoup aimé ce deuxième roman et je suis partante pour lire le prochain !

Lisa Sandlin, Les Oiseaux des Marais. Editions Belfond, 2022. Merci à Claire pour l'envoi de ce livre.

DSCN0729

Question pour vous : Avez-vous lu ce roman de Lisa Sandlin "Les Oiseaux des Marais" ?

Découvrez le site de l'auteure : 

Lisa Sandlin | Author

Author Lisa Sandlin writes about life in Beaumont, Texas

https://www.lisasandlin.com

 

Posté par fabiereadind à 09:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 novembre 2022

Jo Walton "Ou ce que vous voudrez"

Il arrive parfois que l'intérêt porté par une quatrième de couverture m'induise en erreur, que la lecture espérée me donne un goût de déception. Je n'ai pas pu entrer dans le dernier roman de Jo Walton "Ou ce que vous voudrez". Mais, est-ce vraiment ma faute ?

***

4ème de couverture : "A soixante-treize ans, Sylvia Harrison est une autrice à succès ayant déjà publié plus d'une trentaine de romans. Le prochain se déroulera à Thalia, une cité qui ressemble beaucoup à Florence et qu'elle a imaginée pour la trilogie qui a lancé sa carrière. Afin de nourrir son inspiration, elle se rend en Italie et va, une nouvelle fois, faire appel à lui.

Lui ? Il apparaît dans presque tous ses romans. Il a été dragon, voleur, guerrier et même dieu. Il est celui grâce à qui Sylvia a créé ses personnages les plus marquants. Celui à qui elle parle en son for intérieur depuis des décennies. Celui qui l'a sauvée, qu'elle a chassé, qu'elle a accueilli de nouveau. Celui qui s'éteindra avec elle, lorsqu'elle décédera.

S'éteindre ? ça, il ne peut pas l'accepter."

357 pages - Traduit de l'anglais (Pays de Galles) par Florence Dolisi.

***

Fabie Reading : J'ai tout tenté avec ce livre. J'ai lu les cinquantes premières pages avec inquiétude, impossible de trouver ma place entre la romancière Sylvia Harrison et lui, son ami imaginaire, qui se plie à ses besoins d'auteur pour interprêter certains personnages de ses romans. Peut-être que Lui avait peur que je prenne sa place ?

Seconde tentative en prenant un chapitre chaque soir pour ne pas me perdre dans les recherches et ce qu'est en train d'écrire l'auteure. Pour ne pas me retrouver dans ces souvenirs à Lui, à l'écart de ces évocations.

Lui est féroce, jaloux. Il ferait n'importe quoi pour ne pas perdre sa place. J'ai galopé à travers les pages (lecture en diagonales), marqué quelques arrêts pour reprendre mon souffle et m'attarder sur quelques passages.

C'est la première fois que je me sens mise à l'écart, pas du tout invitée à lire ce livre.Peut-être est-ce le pouvoir du personnage imaginaire et unique de l'écrivain ?

Extrait : "Comme si une vie se limitait à quelques énigmes entrelacées, quelques images bien choisies, quelques anecdotes et savoirs partagés, le tout créant un lien entre celui qui parle et celui qui écoute. On ne décrit pas sa vie, on incite l'auditeur à faire appel à son esprit de déduction, à sa sagacité et aux informations qu'il possède déjà..." (page 11)

Jo Walton, Ou ce que vous voudrez. Editions Denoël, collection Lunes d'encre, 2022. Merci au service presse pour l'envoi de ce roman. Je pense le reprendre dans quelques mois.

DSCN0727

Posté par fabiereadind à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 novembre 2022

Emmanuelle Loyer "L'impitoyable aujourd'hui"

"Lire pour (ne pas) vivre avec son temps"

Je lis peu d'essai mais la phase mentionnée sur le bordereau (voir ci-dessus) faut pour moi une invitation à le lire. J'aime tout ce qui attrait à l'écriture et la lecture.

***

4ème de couverture signée par l'auteure : "S'il émane d'une histoirienne, l'essai que voici parle de littérature. C'est avant tout le livre d'une lectrice. Lectrice depuis longtemps assidue au tête-à-tête familier et toujours passionnel avec les textes littéraires mais tout à coup renvoyée à sa bibliothèque par un "aujourd'hui" devenu "impitoyable". Il me fallait tuer le temps.

Les grands textes de fiction inventent leur puissance de vérité propre, y compris historique. Ils figurent des formes et des savoirs du temps, une pensée de l'événement, de l'attente, du recyclage, de la disparition et de la perte ; ils enregistrent, parfois malgré eux, un nécessaire travail du négatif opposé au tropisme "progressiste" de notre modernité. Ils nous enjoignent non pas seulement de ralentir ou tourner le dos au "Progrès" - déjà tout un programme !-, mais bien de réviser nos cadres temporels eux-mêmes. Ce faisant, depuis la Révolution française, les écrivains interrogent affectivement ce que signifie "être contemporain" de son époque ; de quelle façon vivre - ou ne pas - vivre avec son temps.

L'itinéraire de lectures ici présenté est buissonnier et sans aucune ambition systématique, cheminant à sa guise, dans un corpus de livres aimés, romans, récits ou grandes oeuvres de sciences sociales, d'histoire et d'ethnologie. Chaque chapitre ménage une rencontre entre les uns et les autres et révèle des styles de pensée comparables, organisant des constellations d'oeuvres complices. Toutes décrivent magnifiquement une carte des possibles de l'existence.

Souhaitons que ce livre, nourri des milles façons de vivre le temps, nous aide à mieux habiter le nôtre."

384 pages - Essai

***

"Lire, c'est, dans un premier temps, faire défection, se retirer. Rompre avec le temps comme combustible, le temps comptable et linéaire qu'on nous invite à faire prospérer. Si le ralentissement est souvent désigné de nos jours comme un impératif politique, gageons que les lecteurs et les lectrices en ont été, depuis longtemps les pionniers, volontaires pour vivre d'autres manières d'habiter le temps. Lever le pied pour suivre les lignes et tourner les pages !". (page 289)

***

Fabie Reading : L'idée de ce livre est venue lors du premier confinement, quand nous étions chez nous avec du temps à combler. L'auteure a pris le temps de redécouvrir sa bibliothèque, de s'interroger sur le choix initial de chacun de ses livres, de constater que certains se répondent par leur sujet, leur histoire ou leur époque. C'est intéressant de voir le cheminement d'un titre, d'un auteur lu dans notre vie ou dans la société. Ce temps imposé par cette épidémie permet de s'interroger sur le sens de nos lectures, sur ce qu'elles nous ont apportées.

A chaque fin de chapitre, Emmanuelle Loyer dresse une liste de livres étudiés à lire ou relire pour ceux qui souhaitent prolonger le lien avec cet essai intéressant, que j'ai lu en prenant mon temps pour bien mesurer les propos de l'auteure. Certains romans figurent dans ma bibliothèque...

Je vous recommande "L'impitoyable aujourd'hui" pour celles et ceux qui aiment se diriger au-delà de la lecture...

***

Extrait : "A partir d'un certain âge, on se met à relire...

Si lire engage une riche expérience du temps, relire démultiplie encore cette exploration car,...on aura tantôt à faire à la personne devenue inconnue qui fit la première lecture -ainsi que, parfois, à quelques traces de cette lointaine époque...tantôt à celui ou celle que l'on est devenu, lecteur ou lectrice d'un autre livre. La grande joie des relectures tient dans cet effet de surprise : c'est dans le même qu'est le différent !...

...La relecture abolit le temps d'une autre manière, en négligeant l'excitation de la narrativité et du suspense..." (page 289)

Ce dernier extrait m'invite à reprendre mon stylo : depuis un an, je me replonge dans les livres qui se trouvent dans ma bibliothèque, je les relis avec un regard nouveau. Les lectures de mes dix-huit ans sont une re-découverte, maintenant j'ai un avis, un ressenti d'une cinquantenaire. C'est un plaisir de relire car je suis une lectrice différente face à ces livres qui appartiennent à mon histoire de lectrice.

Emmanuelle Loyer "L'impitoyable aujourd'hui". Editions Flammation, 2022. Je remercie Célia Lacroix pour l'envoi de cet essai.

DSCN0728

 

Question : Et vous, chers visiteurs, relisez-vous les livres de votre bibliothèque ?

 

 

 

Posté par fabiereadind à 15:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 novembre 2022

Linda Boström Knausgard "Fille d'octobre"

La première étape de mon escapade livresque suédoise se termine avec ce roman (ou récit autobiographique) de Linda Boström Knausgard "Fille d'Octobre" publié aux Editions Grasset dans la collection En terres d'ancre.

***

"Ne recule pas devant ce qui est douloureux.

La lâcheté ne te mènera nulle part.

Et cesse de t'apitoyer sur toi-même"

***

4ème de couverture : Entre 2013 et 2017, Linda effectue plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. A cause de ses séances d'électrochocs, elle doit désormais combattre une amnésie sévère qui l'empêche de vivre et de créer comme avant. Est-il possible d'écrire sans mémoire ? Au milieu des promenades, des soignants et des patients, certains souvenirs ressurgissent par à-coups : des épisodes de son adolescence, les voyages en Egypte ainsi qu'en Toscane, ses premiers amours. Et puis la tentative de suicide. Rythmé par les décharges électriques, le puzzle se reconstruit alors pour former un récit tourmenté d'une jeune auteure bipolaire, divorcée et mère de quatre enfants.

236 pages - Traduit du suédois par Terje Sinding - Service de presse.

***

Fabie Reading : D'entrée de jeu, il y a ces deux phrases sur la quatrième de couverture : "Et puis, vous n'avez qu'à inventer. C'est bien ce que font les écrivains, non ?" qui m'amènent à hésiter entre le roman et le récit autobiographique, ou comme le précise parfois les écrivains, c'est un roman basé sur des faits réels...Je vous laisse libre de choisir...

Entre 2013 et 2017, Linda Boström Knausgard effectue plusieurs séjours consentis en hôpital psychiatrique après des dépressions et une tentative de suicide. Elle subit des électrochocs, passe ses journées avec d'autres patients, des soignants et surtout face à elle-même.

Ce traitement ramène les souvenirs passés de l'enfance, de voyages, d'un mariage avec un écrivain mondialement connu -qu'elle ne cite pas - et de son rôle de mère de quatre enfants. L'instropection se heurte à l'amnésie qui s'installe au fil du temps, à cette peur d'oublier et de ne plus pouvoir écrire.

C'est un combat que nous livre l'auteure, son combat contre elle-même, contre les dérives de la psychiatrie. Un combat pour reprendre le dessus, s'interroger sur l'écriture, l'amour et la maternité.

Un récit autobiographique bouleversant, écrit avec une telle force, une telle puissance, que l'espoir revient et s'installe...

Un livre sincère que vous conseille de lire !

***

J'ai relevé plusieurs extraits dans ce livre que je partage avec vous :

"Parallèlement à ce qui m'arrivait, mon nouveau livre a eu du succès. C'était déconcertant. Une sorte de bonheur au milieu du malheur que je m'efforçais d'ignorer. Publier des livres n'est pas pour les âmes inquiètes. Pas pour les âmes inquiètes en détresse, du moins." (page 19)

*

"Dans l'un des cafés que je fréquentais, une jeune romancière passait ses journées à noircir les pages d'un grand cahier. Elle écrivait en fumant, je l'admirais beaucoup et je lisais tous ses livres à mesure qu'ils paraissaient. En les lisant, je ne cessais de me dire que je l'avais vue. Que je l'avais vue écrire le livre que je lisais..." (page 124)

*

"J'ai toujours sur que je pouvais écrire comme s'il y allait de ma vie.

Il y va de ma vie. La vie n'est pas absurde quand je n'écris pas, j'ai les mots en moi, j'attends seulement que la lutte commence, et j'ai une telle capacité de travail que tout chante. C'est si facile. Je suis le cours des mots, et ils tombent juste. Si ce n'est pas le cas, je le sens immédiatement. Je suis prise d'angoisse, je n'hésite pas à jeter cinquante pages si elles me conduisent au mauvais endroit. La plupart du temps, les mots conduisent au bon endroit..." (Page 143)

*

Linda Boström Knausgard, Fille d'octobre. Editions Grasset, collection En terres d'ancre. Merci au service presse pour l'envoi de ce livre.

DSCN0725

09 novembre 2022

Ann-Helén Laestadius "Stöld"

Je poursuis mon voyage livresque suédois que j'ai voulu différent à chaque lecture pour satisfaire ma curiosité de lectrice. Je vais vous présenter un roman qui s'inscrit dans la catégorie des inoubliables.

***

4ème de couverture : C'est l'hiver au nord du cercle polaire arctique. Elsa, neuf ans, est la fille d'éleveurs de rennes samis. Un jour, alors qu'elle se rend seule à skis à l'enclos, elle est témoin du meurtre brutal de son faon, Nastegallu. Elle reconnait le criminel : Robert, un Suédois du village voisin qui harcèle sa famille et sa communauté depuis des années. Mais celui-ci la menace de mort et la petite fille, terrorisée, garde le silence.

Dix ans ont passé. Face à l'indifférence des autorités et de la police, la haine et les menaces à l'encontre du peuple sami n'ont cessé de s'intensifier. Et lorsque Elsa se retrouve à son tour prise pour cible, quelque chose en elle se brise : le poids du secret, le traumatisme et la peur qu'elle porte depuis son enfance refont surface, libérant une rage nouvelle, celle de vaincre et de vivre.

440 pages - Traduit du suédois par Anna Postel.

***

Fabie Reading : Après la parution de livres destinés à la jeunesse et Young Adult, Ann-Helén Laestadius se tourne vers un public plus âgé, en racontant l'histoire d'Elsa, fille d'éleveurs de rennes samis, témoin à neuf ans d'un acte odieux et que nous suivons dix ans plus tard toujours avec les mêmes préoccupations.

Un traumatisme prévu pendant l'enfance se traîne dans nos vies pendant des années, c'est un poids douloureux que nous portons, qu'Elsa garde en mémoire jusqu'à cette nécessité de faire éclater la vérité.

Stöld parle d'héritage, de préservation des traditions alors que le monde évolue, de xénophobie envers des commautés qui veulent tout simplement vivre et qui ne trouvent pas de protection auprès des autorités.

A l'âge adulte, Elsa ne veut plus se taire, ni se résigner comme les anciens, en dénonçant les actes de torture dont sont victimes les rennes. Si l'espèce disparaît, c'est tout un art de vivre, tout un héritage qui se meurt.

L'écriture de Ann-Helén Laestadius résonne en nous avec puissance. L'histoire bouleversante devient inoubliable, s'inscrit dans notre mémoire pour ne pas que l'on oublie ces actes xénophobes violents qui cherchent à détruire un peuple, à fragiliser le monde.

Je vous conseille vivement ce roman.

Ann-Helén Laestadius, Stöld. Editions Robert Laffont/pavillon, 2022. Merci au service presse pour l'envoi de ce livre.

DSCN0723

Question : Avez-vous lu ce roman ?

Posté par fabiereadind à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,